Milan Cortina referme la page des Jeux d'hiver 2026, la France prend le relais
Passage de flambeau entre l'Italie et la France: après plus de 10 jours de compétition, marquée par le retour contesté de la Russie sous son drapeau, Milan Cortina a refermé dimanche le chapitre des Jeux paralympiques, qui reviendront dans quatre ans, dans les Alpes françaises.
Au coeur du stade olympique de Cortina, où la cérémonie de clôture a fait la part belle au "souvenir italien", les deux chaudrons installés à Milan et à Cortina se sont éteints, devant une boule de neige géante dans laquelle étaient représentées les deux villes.
Peu avant, dans un autre acte symbolique, le drapeau a été remis des mains d'Andrew Parsons, président du comité international paralympique (IPC) à la France et aux présidents de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Renaud Muselier et Fabrice Pannekoucke, marquant le passage de relais.
A cette occasion, quatre athlètes français, les skieurs Aurélie Richard et Arthur Bauchet, et les deux porte-drapeaux Cécile Hernandez et Jordan Broisin avaient été invités sur scène, avant une Marseillaise revisitée.
Les Bleus, qui avaient lancé peu avant le début des festivités une +Ola+ improvisée, avaient retrouvé le sourire après une dernière journée éprouvante et un bilan sportif en deçà des espérances. Alors que la délégation visait le Top 4 et 18 médailles, elle a finalement terminé avec 12 médailles et une sixième place.
Le haut du tableau est à nouveau dominé par la Chine, comme il y a quatre ans à Pékin, où sa puissance dans les sports d'hiver avait éclaté au grand jour. Elle devance les Etats-Unis et la Russie, de retour sous son drapeau et hymne pour la première fois depuis 2014 et qui totalise huit titres.
Un retour, acté en partie en septembre dernier - avec celui du Bélarus - et qui a fait l'objet de la colère de l'Ukraine et d'autres pays européens. Il n'a cependant fait l'objet d'aucun incident majeur en Italie, bien que son hymne ait résonné à huit reprises.
Lors de la cérémonie d'ouverture, le 6 mars, à Vérone, plusieurs comités paralympiques avaient boycotté la soirée. Dimanche, à l'occasion d'une conférence de clôture, l'IPC a précisé qu'"aucun comité n'avait indiqué ne pas s'y rendre pour des raisons politiques".
Plusieurs pays n'y ont en tout cas pas pris part, notamment l'Ukraine, dont le drapeau a été porté par un volontaire lors du dernier défilé des porte-drapeaux dimanche soir.
- Place aux Alpes françaises -
"Chers paralympiens, vous avez dépassé la pression, les attentes, et les tensions mondiales pour garder l'attention sur vous et votre sport", a salué dans son ultime discours Andrew Parsons, dont les Jeux ont aussi été confrontés à un contexte lourd marqué par la guerre au Moyen-Orient.
L'avant-Jeux avait ainsi été marqué par l'absence dans les derniers instants de l'Iran, son seul athlète, le fondeur Aboulfazl Khatibi Mianaei, n'ayant pu voyager en Italie.
Désormais, le compte à rebours est définitivement lancé pour la France, qui devra livrer les prochains Jeux olympiques et paralympiques dans quatre ans.
Le dévoilement de la carte définitive des sites, répartis entre les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, est attendu en juin et le comité d'organisation devra également dépasser les tensions qui l'ont secoué depuis plusieurs mois.
Entre "expérience des athlètes", performances, "stratégie de billetterie" ou question de l'accessibilité de la montagne, la France devra aussi se confronter aux enjeux de ses Jeux paralympiques. Elle pourrait aussi connaître le retour des athlètes du sport adapté (en situation de handicap mental), privés de Jeux paralympiques d'hiver depuis 1998.
T.Wolf--BlnAP