Wall Street en forte baisse après le statu quo de la Fed, les taux obligataires s'envolent
La Bourse de New York a terminé en forte baisse mercredi, après que la Réserve fédérale américaine (Fed) a fait le choix de garder ses taux inchangés, sur fond de flambée des taux obligataires et des prix du pétrole.
Le Dow Jones a chuté de 2,19%, l'indice Nasdaq a reculé de 1,74% et l'indice élargi S&P 500 a lâché 1,52%.
A l'issue de sa traditionnelle réunion de deux jours, le comité de politique monétaire (FOMC) a décidé de maintenir ses taux dans la fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, pour la cinquième fois d'affilée.
En théorie, Wall Street apprécie un environnement monétaire accommodant, propice à la croissance des entreprises et aux investissements.
"Mais nous restons dans une configuration où la question de la hausse des prix n'est toujours pas réglée ", explique à l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments, alors que l'inflation est attisée par la guerre au Moyen-Orient.
Au sein même de la Fed, les avis ont divergé: trois de ses membres ont voté pour un relèvement des taux.
Dans ce contexte, les opérateurs "ne sont pas convaincus que la stabilité des prix sera assurée", soulignent les analystes de Briefing.com.
D'autant que les prix du pétrole se sont envolés mercredi, la reprise des hostilités au Moyen-Orient - après quelques jours d'accalmie - ayant ravivé les craintes de perturbation de l'approvisionnement mondial.
Sur le marché obligataire, le rendement à 30 ans des emprunts de l'Etat américain a touché un plus haut depuis 2007, à un peu plus de 5,22%, contre 5,09% la veille en clôture.
L'échéance à dix ans s'est tendue à 4,69% contre un peu moins de 4,61% mardi.
Lorsque les perspectives d'inflation augmentent, les investisseurs demandent un retour sur investissement plus élevé afin de conserver leurs marges.
Côté entreprises, les investisseurs ont gardé une posture attentiste avant la publication des résultats trimestriels de Microsoft et Meta (Facebook, Instagram), deux des géants de la tech américaine.
Publiées après la clôture de Wall Street, les performances financières de Microsoft sont ressorties supérieures aux attentes, le groupe étant toujours tiré par l'informatique à distance ("cloud") et l'intelligence artificielle (IA).
Meta a lui annoncé un bénéfice trimestriel moins bon qu'escompté, plombé par des charges judiciaires, tout en augmentant encore ses dépenses massives dans l'IA.
Microsoft prenait 3,01% dans les échanges électroniques après clôture, tandis que Meta chutait de 6,59%.
"La perfection en matière de résultats est désormais la norme. Et toute déception pourrait susciter une réaction particulièrement sévère" du marché, estime Jack Ablin, analyste chez Cresset.
Surtout que le secteur technologique est secoué depuis plusieurs mois par les inquiétudes liées aux investissements massifs nécessaires au développement de l'IA et par la montée en puissance d'une concurrence chinoise.
Les résultats d'Apple et Amazon sont attendus jeudi.
A la cote, les semi-conducteurs ont encore terminé en nette baisse, à l'image du mastodonte Nvidia (-3,55%), AMD (-5,51%), Broadcom (-2,78%) ou Micron (-9,94%).
Le fabricant américain de montres connectées et de systèmes de navigation par GPS Garmin s'est envolé (+16,14% à 294,60 dollars), propulsé par des performances financières bien meilleures qu'escompté au deuxième trimestre et par la révision à la hausse de ses prévisions annuelles.
X.Konrad--BlnAP