Incendies en Grèce: autorités et habitants évaluent l'ampleur des dégâts près d'Athènes
Des équipes gouvernementales grecques et les habitants de l'ouest d'Athènes ont commencé mercredi à évaluer les dégâts après un incendie dévastateur qui a causé "un grave dommage environnemental" à la région, selon le Premier ministre.
"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser une régénération naturelle" après le "grave dommage environnemental" subi par la végétation et la forêt qui ont brûlé durant cinq jours, à entre 50 et 70 km à l'ouest de la capitale grecque, a assuré Kyriakos Mitsotakis.
Depuis vendredi, quelque 11.000 hectares sont partis en fumée à l'ouest de la capitale grecque autour notamment de la station balnéaire de Porto Germeno, sur le golfe de Corinthe, a-t-il précisé à l'issue d'une réunion consacrée aux mesures d'urgence pour les zones sinistrées.
Selon des images de la télévision publique ERT, des équipes d'ingénieurs des ministères de l'Environnement et de la Protection civile sont arrivées dans les localités touchées.
Les habitants commencent à regagner leurs habitations après les évacuations ordonnées ces derniers jours par les autorités grecques.
- "Etat d'alerte maximale" -
Après cinq jours de lutte acharnée contre les flammes, "la situation dans la région est bien meilleure", a indiqué mercredi à l'AFP Vassilios Vathrakoyannis, le porte-parole des sapeurs-pompiers.
Toutefois "les pompiers restent en état d'alerte maximale pour gérer les zones où il y a encore de la fumée", a-t-il précisé.
Mercredi, un nouvel incendie s'est déclaré dans une zone industrielle proche de l'aéroport international d'Athènes, à l'est de la capitale, mais le maire de la commune touchée de Koropi, Dimitris Kiousis, a assuré sur ERT que le feu était "sous contrôle".
Selon les premiers éléments de l'enquête des pompiers, l'incendie à l'ouest d'Athènes a démarré vendredi après une étincelle sur des câbles électriques gérés par une société privée à Agios Vassilios, village balnéaire au pied d'une montagne, à 85km au nord-ouest d'Athènes.
Selon des habitants cités par des médias grecs, l'électricité transférée à l'opérateur semi-public DEDIE provenait d'un parc éolien installé sur les hauteurs de leur village.
Deux personnes liées à l'installation de ce réseau ont été entendues par la justice avant d'être relâchées mardi, selon plusieurs médias grecs.
Attisé par de violentes rafales de vent allant jusqu'à 130km/h, le feu s'est rapidement propagé vers le sud du mont Cithéron avant d’atteindre une ville industrielle et agricole, Megara, à une quarantaine de kilomètres d'Athènes.
- Vents forts -
Les opérations des pompiers ont été fortement entravées tout le week-end par les vents forts qui ont longtemps empêché hélicoptères et avions bombardiers d'eau de décoller.
Ces moyens aériens opèrent toujours mercredi pour détecter toute éventuelle reprise de feu, selon les pompiers.
L'odeur de la fumée est toujours présente autour de Porto Germeno, où une grande partie des terrains autrefois boisés ont été dévorés par les flammes.
Des dizaines de maisons ont brulé, a constaté l'AFP.
"Quand j'ai vu qu'il n'y avait plus rien à faire vendredi soir, j'ai balancé quelques affaires dans la voiture et j'ai décampé", a témoigné Manolis Martsoukakis dont la modeste maison de briques n'est plus que ruines.
Touchée de plein fouet par le réchauffement climatique comme l'ensemble du pourtour méditerranéen, la Grèce est en proie chaque été à des feux dévastateurs.
Le pays a sans doute été confronté à "l'une des pires crises liées aux incendies" de la décennie, a estimé Théodore Giannaros, météorologue à l'Observatoire national grec, interrogé par l'AFP.
Après les feux dévastateurs en Espagne et en France, la Grèce a subi depuis la fin juillet des dizaines d'incendies, parfois dans des zones touristiques alors que la saison bat son plein. Il ont fait cinq morts.
Trois pompiers et les deux membres de l'équipage d'un hélicoptère engagé dans la lutte contre les flammes ont péri.
H.O.Scholz--BlnAP