Municipales: le RN et les alliances avec LFI ne transforment pas l'essai dans les premières villes
Le RN battu à Toulon et Nîmes, les alliances à gauche avec LFI vaincues à Poitiers, Besançon et Limoges: les premières estimations du second tour des municipales dimanche semblent indiquer un rejet des extrêmes, en attendant les batailles disputées à Paris, Lyon ou Toulouse.
La fin des ces municipales pourrait donner un coup d'accélérateur en vue de la présidentielle prévue dans 13 mois, avec un des principaux candidats déclarés, Edouard Philippe, qui sort renforcé par sa réélection au Havre.
Selon les premières estimations, les alliances avec le mouvement de la gauche radicale ne se sont pas avérées payantes dans plusieurs villes.
A Poitiers, la sortante écologiste Léonore Moncond'huy, qui s'était alliée au parti de Jean-Luc Mélenchon, a été sèchement battue par le centriste Anthony Brottier, tandis le PS s'était retiré pour contrer cette fusion. Même chose pour une autre édile de la vague verte de 2020, Anne Vignot à Besançon, qui avait réuni toute la gauche mais s'incline face au candidat Les Républicains Ludovic Fagaut.
A Limoges également, victoire de LR, avec Guillaume Guérin, face à la gauche unie derrière le député LFI Damien Maudet.
- LFI gagne Roubaix -
A l'autre bout de l'échiquier, la député du Rassemblement national Laure Lavalette, très proche de Marine Le Pen, n'a pas réussi son pari et échoue à Toulon face à la maire sortante divers droite Josée Massi. Même chose à Nîmes pour le RN Julien Sanchez, en tête au premier tour, battu par la liste d'union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget.
Après Saint-Denis, deuxième ville d'Ile-de-France dès le premier tour, le mouvement de la gauche radicale remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d'une large avance il y a une semaine.
Comme la semaine dernière, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l'on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19. Elle s'affiche à environ 57% selon les institutions de sondage, même s'il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI.
Environ 17,1 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans 1.580 communes et secteurs, sur quelque 35.000, après l'élection dimanche dernier de nombreux conseils municipaux au premier tour.
Le suspense pourrait durer jusque tard dans la soirée dans certaines villes.
Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse... Rarement des élections municipales se seront révélées aussi incertaines, après une période d'entre-deux tours marquée par la conclusion de nombreuses alliances, parfois inattendues, et par plusieurs désistements notables.
- Duel serré Grégoire-Dati -
La capitale en est le symbole le plus fort, avec un duel très serré entre la candidate de droite, Rachida Dati (soutenue par le centre, les macronistes et qui bénéficie du retrait de la liste d'extrême droite de Sarah Knafo) et Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche hors LFI, au pouvoir depuis 25 ans à Paris.
Ancien adjoint de la sortante Anne Hidalgo, ce dernier est favori mais le maintien de l'Insoumise Sophia Chikirou peut lui jouer des tours. La participation était en recul à 17H00 (40,98%) de trois points par rapport au premier tour.
A Marseille, face au bon score du lepéniste Franck Allisio au premier tour, le député LFI Sébastien Delogu s'est désisté et le sortant de gauche Benoît Payan part avec une longueur d'avance.
Les deux plus grandes villes de France font pourtant office d'exceptions dans le jeu des alliances.
Car si le PS s'est refusé à tout accord national avec LFI, ses représentants locaux n'ont pas hésité à franchir le pas après un premier tour marqué par les bons scores mélenchonistes dans les métropoles.
- Suspense à Lyon, divisions à Nice -
Les socialistes, qui gardent le leadership à gauche au niveau local, ont souvent accepté le ralliement des Insoumis, que ce soit à Nantes, Brest, Clermont-Ferrand ou Avignon. A Toulouse, c'est même derrière LFI que la gauche s'est rangée pour tenter de battre la droite.
Le PS espère conserver Lille, après avoir fusionné avec Les Ecologistes, mais aussi prendre à ces derniers Strasbourg.
L'un des scrutins les plus serrés a lieu à Lyon: le sortant écologiste Grégory Doucet, qui a fusionné avec LFI, est au coude à coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre.
Autre bastion de la vague verte de 2020, Bordeaux pourrait devenir une rare conquête macroniste, si l'ex-ministre Thomas Cazenave parvient à déloger le sortant Pierre Hurmic.
Le RN, dont la progression se confirme désormais localement sans atteindre les scores de ses responsables nationaux, espère une victoire à Carcassonne.
Surtout, il compte bien sur son allié Eric Ciotti (UDR), ex-patron de LR favori à Nice, pour incarner le succès de la stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, que le président du RN, Jordan Bardella, tente d'imposer dans la course à l'Elysée.
Signe des fractures du bloc central, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a refusé de soutenir Christian Estrosi (Horizons) en dépit des accords.
P.T.Bartels--BlnAP