Taïwan débute ses exercices militaires annuels face à la pression chinoise
Taïwan donne le coup d'envoi mercredi de ses plus grands exercices militaires annuels, alors que l'île s'efforce de préparer ses habitants à une potentielle invasion chinoise.
Les exercices "Han Kuang", qui doivent se dérouler jusqu'au 14 août, mettent en scène des scénarios de combat réalistes afin que les troupes et les réservistes s'entraînent à réagir à une attaque contre l'île, ont indiqué des responsables de la Défense.
L'un des axes principaux des entrainements cette année consiste à décentraliser le commandement et le contrôle pour permettre aux commandants et aux officiers sur le champ de bataille de prendre des décisions opérationnelles sans attendre d'ordres.
Les civils seront également mis à l'épreuve avec notamment un ralentissement temporaire des débits Internet mobile ainsi que des exercices d'alerte aérienne.
Mercredi, des dizaines de réservistes se sont déployés le long d'une plage donnant sur le détroit de Taïwan et ont tiré avec des fusils d'assaut de fabrication taïwanaise sur des cibles.
Taïwan déploiera également des navires de la marine et des garde-côtes pour escorter les ravitaillements lors d'une simulation de blocus chinois dans les eaux situées à l'est de l'île.
Par ailleurs, l'île évaluera "la capacité des usines mobilisées à soutenir la production en temps de guerre" et testera la "relocalisation en temps de guerre" d'usines militaires et civiles, ont indiqué précédemment des responsables de la défense.
"La formation peut toujours être améliorée", a souligné mercredi le ministre de la Défense, Wellington Koo. "Nous continuerons donc à nous entraîner avec assiduité et intensité, afin d'être parfaitement préparés en temps de paix et capables de mener à bien nos missions en temps de guerre".
- Renforcer la défense nationale -
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces et a menacé de recourir à l'usage de la force pour annexer cette île qui compte plus de 23 millions d'habitants.
Pékin déploie quasi quotidiennement navires, avions de chasse et garde-côtes autour de Taïwan, revendiquant ainsi sa souveraineté, rejetée par Taipei.
Les garde-côtes chinois ont par ailleurs renforcé leurs "tactiques de zone grise" - des actions coercitives qui ne constituent pas un acte de guerre - autour de Taïwan et de ses îles périphériques.
"Alors que l'autoritarisme du PCC (Parti communiste chinois) ne cesse de s'étendre, la terreur rouge se propage également aux quatre coins du monde", a déclaré le président taïwanais Lai Ching-te lors d'un forum sur la sécurité à la veille des exercices.
"Nous continuerons à renforcer notre défense nationale et à mettre en place une défense et une résilience impliquant l'ensemble de la société", a-t-il ajouté.
- Pressions internes et externes -
Sous la pression des Etats-Unis qui souhaitent que l'île investisse davantage dans sa sécurité, Taïwan a augmenté ses dépenses de défense et s'est doté d'un armement plus compact et maniable, notamment des drones, afin de permettre à ses forces armées de mener une guerre asymétrique contre la Chine.
Le gouvernement de M. Lai s'est engagé à porter les dépenses de défense à 5% du PIB d'ici 2030.
Mais son gouvernement est en désaccord avec les partis d'opposition, qui contrôlent le Parlement, quant au montant à consacrer au renforcement des capacités de défense de l'île.
En mai, les deux principaux partis d'opposition, le Kuomintang (KMT) et le Parti du peuple de Taïwan (TPP), ont adopté un budget spécial de défense de 25 milliards de dollars, réduisant d'un tiers le montant demandé par le Parti démocrate progressiste (DPP) de M. Lai.
I.Braun--BlnAP