L'Île-de-France prépare l'ouverture à la concurrence de quatre lignes de train et sept de tramway
Après les bus en 2021 et 2025, l'Île-de-France prépare l'ouverture à la concurrence de quatre nouvelles lignes de trains régionaux et sept de tramways, en les regroupant dans cinq lots qui seront proposés d'ici un an aux entreprises candidates.
Le processus d'ouverture à la concurrence de ces lignes va être soumis le 2 juillet à l'approbation du conseil d'administration d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité organisatrice des transports de la région capitale, a indiqué à la presse Laurent Probst, directeur général d'IDFM.
Le premier lot ferroviaire porte sur la seule ligne U, actuellement exploitée par SNCF Voyageurs, qui relie La Défense, à l'ouest de Paris, à Trappes et Saint Quentin-en-Yvelines. Soit 97 trains et quelque 52.000 voyageurs par jour.
Le deuxième, beaucoup plus important en taille et lui aussi exploité par SNCF Voyageurs, regroupe le RER D (Creil-Melun via Paris), la ligne de Transilien H (Gare du Nord à Auvers-sur-Oise, Ermont-Aubonne et Sarcelles-Luzarches dans le Val-d'Oise) et la ligne K (Gare du Nord à Crépy-en-Valois), soit quelque 860 trains et 924.000 voyageurs par jour.
Ces trois lignes sont regroupées dans un seul lot destiné à un unique exploitant. Elles partagent le même atelier de maintenance de Joncherolles (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis), et il n'a pas été possible de les séparer, a expliqué M. Probst.
Pour les tramways, actuellement tous exploités par la RATP, IDFM a composé trois lots distincts de taille plus comparable, notamment en kilomètres parcourus.
- Transferts proposés aux salariés -
Le premier lot d'appel d'offres (Délégation de service public DSP50) sera lancé pour l'exploitation des lignes T3A (Pont du Garigliano-Porte de Vincennes), T3B (Porte de Vincennes-Porte Dauphine) et T10 (Parc de Sceaux-Clamart via l'hôpital Béclère). Elles partagent les mêmes matériels roulants, des rames Citadis fabriquées par Alstom, ce qui facilite leur entretien. Ces lignes accueillent quelque 580.000 voyageurs par jour.
Le deuxième lot (DSP51) portera sur les lignes T5, T6, équipées de tramways à pneus, ainsi que T7 et T8 (tramway ferré). L'ensemble des quatre lignes transporte 370.000 voyageurs quotidiennement.
Enfin le troisième lot (DSP52) portera sur la ligne T1 au nord de Paris reliant Asnières à Noisy-le-Sec via Saint-Denis, La Courneuve et Bobigny, et la ligne T2 à l'ouest, reliant le Pont de Bezons à la Porte de Versailles en passant par Puteaux, Suresnes et Meudon, qui ont aussi des matériels roulants similaires Citadis, et transportent quelque 560.000 voyageurs par jour.
Au total, ces cinq appels d'offres concernent quelque 1.500 agents. Des transferts leur seront proposés vers les sociétés qui remporteront les appels d'offres, a ajouté M. Probst, qui qualifie de "très constructive" l'attitude de la RATP.
Le conseil d'administration d'IDFM, l'autorité organisatrice des transports de la région, doit décider le 2 juillet d'un "avis de pré-information" sur le sujet qui sera publié par le Journal officiel de l'Union européenne, a précisé M. Probst.
Les appels d'offres doivent être lancés dans l'année qui suit, soit d'ici à juin 2027, pour une attribution prévue d'ici à 2030, a-t-il ajouté.
Côté bus, l'ensemble des 1.900 lignes de bus et cars en Île-de-France sont désormais en délégation de service public ou y passeront d'ici au 1er novembre.
Par entreprise, c'est l'opérateur Transdev qui a obtenu le plus de contrats de bus (17), tandis que Keolis, filiale de la SNCF en a décroché 13, Lacroix Savac 7, RATP Cap, filiale de la RATP, en a conservé 11, et l'italien ATM en a obtenu un.
Les RER A et B, ainsi que les lignes du métro parisien, doivent pour leur part être ouverts à la concurrence avant 2040.
C.Milbrandt--BlnAP