Soupçons d'entrave à la concurrence: Sanofi propose des mesures correctives à l'UE
Le géant pharmaceutique français Sanofi, cible d'une enquête de la Commission européenne pour une possible entrave à la concurrence, a pris une série d'engagements pour cesser de dénigrer aux yeux des acheteurs un vaccin antigrippal rival d'un de ses produits, a annoncé Bruxelles mercredi.
Contacté par l'AFP Sanofi a confirmé "avoir soumis des engagements dans le cadre de l'enquête" de l'exécutif européen relative aux vaccins contre la grippe, sans toutefois entrer dans les détails.
L'ouverture de l'enquête avait été annoncée le 26 juin.
La Commission soupçonne Sanofi d'avoir abusé de sa position dominante en menant depuis 2024 une campagne de dénigrement contre un vaccin de l'entreprise australienne CSL Seqirus, le Fluad, concurrent de son propre produit, l'Efluelda.
Cette campagne visait principalement les professionnels de santé en Allemagne et en France.
Parmi les engagements cités par la Commission, Sanofi va publier pendant deux ans sur ses sites internet en Allemagne et en France des communications clarifiant le fait que, tout autant que l'Efluelda, le Fluad a été jugé efficace contre la grippe par les autorités de régulation du secteur.
Bruxelles précise que toutes les parties concernées par ce litige pourront lui soumettre un avis d'ici à fin août sur ces engagements du géant français.
De son côté, Sanofi a affirmé que soumettre ces mesures correctives "ne constitue en aucun cas une reconnaissance d'une quelconque infraction".
"Sanofi demeure convaincu d'avoir agi, et de continuer à agir, dans le plein respect de l'ensemble des lois et réglementations applicables, y compris en matière de droit de la concurrence", a ajouté le groupe.
Dans l'UE, la Commission est garante du respect de la libre concurrence au sein des 27 Etats membres. Ses enquêtes "antitrust" peuvent déboucher sur des lourdes amendes si elles confirment qu'il y a bien eu abus de position dominante.
W.Kretschmer--BlnAP