Des "pompiers à bout de souffle" manifestent dans Paris
Traînant une carcasse d'avion repeinte aux couleurs rouge et jaune de la Sécurité civile, symbole d'un système en fin de vie selon eux, des dizaines de pompiers ont déambulé lundi dans Paris pour protester contre le "manque de moyens".
Un squelette en guise de pilote, un bouquet funéraire sur le nez de l'avion, ouvraient le cortège de plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers de différents départements de France, parti des abords du ministère de l'Economie à Bercy.
"On a repris l'idée du manque de Canadair par rapport aux promesses faites par le gouvernement et qui n'ont pas abouti", résume auprès de l'AFP David Cambré, représentant SUD pour le Nord.
"Ça n'a fait qu'empirer ce manque de moyens, de sécurité et de matériel", dit-il, alors que "suite au mégafeu de 2022, on pensait que ça allait réagir". Puis se sont ajoutés des inondations, d'autres mégafeux: "Ça devient criant, on doit adapter la Sécurité civile aux changements climatiques", dit-il encore, alors qu'un projet de loi doit être présenté prochainement.
"Pompiers à bout de souffle" ou encore "En grève révolte", résument de grosses lettres blanches peintes sur les polos noirs.
"Pompiers en colère, y en a marre de la galère", scandent certains, sur fond de coups de klaxons et fumigènes rouges.
Les neufs organisations syndicales représentatives des pompiers professionnels ont déposé des préavis de grève début septembre qui courent jusqu'au 20 octobre - date de l'examen du projet de loi de finances - pour tenter de faire pression sur le gouvernement.
Après les pires incendies depuis des décennies en France cet été, cumulés à des vagues caniculaires successives et leur lot de secours à la personne, ils réclament la création de 21.000 postes de pompiers professionnels. Ils demandent également de meilleures protections pour leur santé ainsi qu'un recentrage de leurs missions.
La polémique a enflé tout l'été sur un manque d'anticipation des risques d'incendies de forêts en raison du changement climatique, ainsi que sur l'insuffisance de moyens matériels et financiers - avec notamment la question de la commande de Canadair supplémentaires ou celle de l'installation d'une base aérienne à Mont-de-Marsan dans les Landes.
Le gouvernement a toujours assuré que les moyens étaient "suffisants".
E.Fritsch--BlnAP