Lycées : Geffray annonce l'arrivée de 3.000 professeurs remplaçants après une nouvelle journée de mobilisation
Le ministre de l'Education Edouard Geffray a annoncé jeudi l'arrivée imminente de 3.000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, après une nouvelle mobilisation des lycéens sur fond de violences urbaines en marge des rassemblements.
"Dans les heures et les jours qui viennent", 3.000 professeurs remplaçants sans affectation vont rejoindre "les établissements qui sont des situations que je qualifierais de très problématiques", soit "114 lycées dont je dirais qu'ils sont rouges et 400 qui sont oranges", a-t-il déclaré au journal de TF1.
"Plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires" seront également mises à disposition des proviseurs pour permettre "des remplacements de courte durée" par des enseignants volontaires, a ajouté le ministre.
Des mesures qui, selon lui, représentent "plusieurs dizaines de millions d'euros" cette année.
- Amendements -
"Le gouvernement déposera des amendements au projet de loi de finances pour 2027 pour traduire certaines propositions des lycéens en mesures concrètes, notamment sur les remplacements", a aussi déclaré Sébastien Lecornu sur X.
Au total, 71.500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24.500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens au cours de laquelle 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes blessés, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
Le ministère a relevé "aujourd'hui une augmentation des violences urbaines (...) en marge des mobilisations pacifiques" et des "incidents graves (qui) ont particulièrement touché le corps enseignant et leurs établissements".
"Notre priorité face à cette situation, c'est évidemment le retour à l'ordre, le retour au calme, le retour au dialogue, et in fine, pour les étudiants, le retour en cours", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFM-TV.
Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l'ordre vers 19H20 avec usage de gaz lacrymogène.
Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" ou encore "35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable" se sont fait entendre, tandis qu'une grande banderole "GenZ en colère" a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de la place.
Sur X, Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de saluer la "démonstration puissante de la jeunesse": "la Bastille est reprise", a-t-il écrit.
En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d'une vingtaine de "black blocs" jetant du mobilier urbain sur les forces de l'ordre.
- Intrusions violentes -
En préambule, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi prochain. "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union Etudiante.
Dans l'après-midi, les trois principales associations lycéennes avaient été reçues par M. Geffray en compagnie de Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Un rendez-vous à l'issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.
Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi où de 266.000 à 450.000 personnes s'étaient rassemblées dans tout le pays : à Lille, Rennes et Bordeaux, les préfectures ont recensé respectivement 3.200, 3.400 et 2.800 manifestants.
A Marseille, quelque 3.900 personnes ont manifesté, selon la préfecture, mais quelques centaines ont également participé à des rassemblements non déclarés.
Le proviseur-adjoint du lycée Victor Hugo a été "roué de coups à terre" par plusieurs individus devant son établissement au moment où il tentait d'éteindre à l'aide d'un extincteur le feu d'une benne à ordure, selon la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Il a porté plainte et souffre d'une incapacité temporaire de travail de neuf jours, a-t-elle précisé.
Un lycée proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" par des jeunes, en marge de la mobilisation.
"Des intrusions violentes dans les établissements ont été commises comme à Lormont (Gironde) et à Lorient où des exactions ont eu lieu", ajoute Beauvau.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui "condamne fermement ces violences et salue le travail des forces de l'ordre", a réuni jeudi soir les préfets de zone, les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie nationales et le préfet de police "pour faire un point précis de la situation sur l'ensemble du territoire".
Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, les lycéens réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.
bur-est-fbr-pan/ito/cbn
C.Milbrandt--BlnAP