La Bourse de Paris progresse, tiraillée entre risques d'inflation, résultats et géopolitiques
La Bourse de Paris a terminé en hausse lundi après un départ à la baisse, tiraillée entre risques d'inflation, taux élevés et annonces géopolitiques.
Après son rebond, la Bourse a terminé en hausse de 36,89 points (+0,49%) mais reste en dessous du seuil des 8.000 points après les reculs de la semaine dernière (7.987,49 points).
"On sent que le marché est taraudé entre plusieurs forces différentes", résume Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marché de capitaux chez Tikehau.
Côté face, les bons résultats des entreprises "continuent de renforcer la conviction des marchés qu'il y a de la valeur", explique-t-il à l'AFP lundi.
"Mais il y a des inquiétudes autour de la stagflation", ajoute-t-il, référence au cauchemar des responsables économiques depuis les chocs pétroliers des années 1970 : une croissance faible couplée à une hausse des prix.
A Paris et en Europe, les marchés ont rebondi quand l'Iran a répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis pour mettre fin durablement à guerre au Moyen-Orient et pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
En revanche, l'information n'a impacté que très provisoirement les cours pétroliers, qui sont remontés après la publication d'un article par le site Axios selon lequel les Etats-Unis jugent insuffisante la dernière proposition d'accord de l'Iran, d'après un haut responsable américain.
En fin de journée, le Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, semblait s'installer durablement au-dessus des 110 dollars (111 dollars, + 1.60%).
Or la hausse du pétrole commence à infuser dans le niveau général des prix des principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une progression de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord en passant par l'Europe.
Cette inflation "alimente les anticipations d'un resserrement monétaire des principales banques centrales", ce qui "renforce les perspectives d'une hausse des taux", a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
- Les taux sous pression -
Sensible aux risques d'inflation, le marché de la dette des Etats est sous pression.
Vendredi, le taux d'intérêt de la dette française à échéance dix ans a bondi à près de 3,82%, contre 3,66% jeudi à la clôture.
Lundi, le mouvement se poursuit dans un rythme toutefois moins soutenu, avec un rendement proche des 3,78% à la clôture, un niveau inédit depuis mars.
Face à l'inflation qui réduit la valeur réelle du capital prêté, les créanciers se protègent avec une prime de risques sous forme de taux d'intérêt plus élevés.
- Publicis acquiert LiveRamp -
Le géant français de la communication Publicis a réalisé la meilleure performance de la journée (+6,02% à 81,74 euros l'action). Le marché a salué l'annonce dimanche de la conclusion d'un accord pour l'acquisition du spécialiste américain des données LiveRamp.
"Avec cette acquisition, valorisée 2,2 milliards de dollars en valeur d'entreprise, le groupe (Publicis) poursuit ses investissements dans la technologie, la data et les services d'IA (intelligence artificielle)", souligne l'entreprise française dans un communiqué.
En revanche, le spécialiste des infrastructures électriques Legrand a enregistré le plus fort recul du jour (-2,07% à 148,95 euros).
F.Lang--BlnAP