Cuba: le rétablissement du réseau électrique ralenti par le manque de carburant
Cuba rétablissait lentement le courant mardi après une nouvelle panne générale, la troisième en moins de six mois et la huitième depuis fin 2024, un processus ralenti par le manque de carburant.
Sept provinces, dont celle de La Havane, sur les 15 que comptent le pays sont désormais reconnectées au réseau électrique, ont indiqué les autorités. Mais la faible production électrique ne signifie pas le rétablissement du courant dans les foyers.
La compagnie électrique de La Havane a annoncé que plus de 32% des foyers de la capitale de 1,7 million d'habitants avaient retrouvé du courant mardi matin.
A la différence des pannes précédentes, la faible disponibilité de carburant complique cette fois le processus de relance du système.
Le manque de carburant "rend indiscutiblement plus compliqué le processus de restauration" du réseau électrique, a précisé lundi soir à la télévision d'Etat Lazaro Guerra, directeur de l'électricité au ministère de l'Energie et des Mines.
Lundi, à la mi-journée, la compagnie électrique avait annoncé "une déconnexion totale" du réseau privant de courant l'ensemble de l'île de 9,6 millions d'habitants.
Une oscillation du voltage couplée à une faible production électrique a provoqué la déconnexion du réseau, ont précisé les autorités mardi.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a mis directement en cause la politique américaine de sanctions contre l'île, accusant Washington de vouloir "provoquer un soulèvement social en étouffant le pays" et qualifiant de "génocidaire" le blocus énergétique de Washington.
Le réseau électrique de Cuba subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant. Huit pannes générales ont eu lieu depuis fin 2024.
Les coupures quotidiennes se sont intensifiées depuis que Washington a imposé en janvier un blocus pétrolier qui empêche les livraisons de carburant.
"Il faut s'adapter. Nous les Cubains nous nous adaptons à cela. Malheureusement, c'est comme ça. Nous nous adaptons aux bonnes choses et aux mauvaises choses", philosophait Rebeca Ceballo, une retraitée de 73 ans.
- Débat à l'ONU -
La production d'électricité à Cuba repose principalement sur sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance, ainsi que sur un réseau de groupes électrogènes de secours alimentés par du gazole importé.
La principale centrale électrique du pays, Antonio Guiteras, située dans l'ouest, est à l'arrêt pour réparation. Elle a été arrêtée plus de quinze fois depuis le début de l'année en raison d'avaries successives.
Cette situation provoque des délestages incessants qui atteignent désormais plus de 30 heures d'affilée à La Havane, plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de contruction de parcs solaires lancé il y a deux ans.
Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l'année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Outre le blocus pétrolier en vigueur depuis janvier, Washington a édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains.
Donald Trump estime que Cuba, situé à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu'il pourrait en "prendre le contrôle".
Les deux pays sont en difficiles pourparlers.
Mises sous pression, les autorités cubaines ont adopté mi-juin un paquet de mesures sans précédent en faveur de l'économie de marché, un bouleversement pour le modèle économique de l'île depuis l'adoption du communisme il y a près de 70 ans.
Cuba a demandé la tenue mardi, soumise à un vote, d'un débat devant l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'impact du blocus pétrolier et des autres sanctions imposées par Washington.
Lundi, La Havane a accusé Washington de tenter d'empêcher la tenue du débat en faisant pression sur des gouvernements des Etats-membres pour qu'ils ne votent pas l'ouverture du débat.
M.Wilke--BlnAP