Tour d'Italie: Michael Valgren, la renaissance d'un miraculé
Donné perdu pour le cyclisme après être tombé dans un ravin il y a quatre ans, le Danois Michael Valgren a parachevé sa renaissance mercredi sur les routes du Tour d'Italie en remportant la 17e étape, à Andalo.
Pour célébrer ça, le Danois de 34 ans a sorti de la poche de son maillot un Pokémon offert par son fils en guise de talisman, un disque vert qu'il brandi tel une hostie avant de la serrer entre ses dents et franchir la ligne dans un moment d'extase inversement proportionnel à sa détresse d'il y a quatre ans.
Le 19 juin 2022, Valgreen a frôlé le pire lorsqu'il a chuté dans une descente et basculé dans un ravin peu après le départ de la quatrième et dernière étape de la Route d'Occitanie aux Angles.
Le coureur d'EF Education a été retrouvé polytraumatisé, avec le bassin fracturé, une hanche luxée et un genou en miettes, l'obligeant à renoncer au Tour de France qui allait s'élancer de son pays quelques semaines plus tard.
A alors commencé un long processus de réhabilitation, empli de doutes pour celui qui était un des coureurs les plus talentueux du peloton, vainqueur de l'Amstel Gold Race en 2018 et médaillé de bronze des Championnats du monde 2021.
Il lui a fallu presque un an pour retrouver la compétition avec l'équipe réserve d'EF Education, 18 mois pour courir en World Tour et encore quatre ans pour renouer avec la victoire, en mars dernier à Tirreno-Adriatico.
"Ma carrière était déjà bien remplie mais il me manquait encore une victoire dans un grand Tour. Je pense que je la mérite. Elle arrive aujourd'hui, en Italie, le pays où j'ai remporté la plupart de mes victoires. Je suis heureux", a-t-il réagi, fier et ému à la fois.
Le coureur d'Osterild, dans le nord du pays, a triomphé en réussissant le "coup du kilomètre" pour surprendre les cinq autres rescapés de l'échappée matinale avec un démarrage fulgurant à la flamme rouge.
- La folle aventure de Cavagna -
Sur la ligne, il a devancé pour une poignée de secondes le Norvégien Andreas Leknessund, qui collectionne les deuxièmes places, et l'Italien Damiano Caruso. Avant l'arrivée au compte-goutte de tous les battus de l'échappée, qui a compté jusqu'à 29 éléments dont Giulio Ciccone, encore frustré, et Jhonatan Narvaez, qui s'est consolé en reprenant le maillot cyclamen à Paul Magnier.
"Les gens disent que je suis rapide mais en réalité, je suis vraiment lent, a raconté Valgren. Mais ceci (partir sous la flamme rouge) est ma signature et lorsque j'ai de bonnes jambes, je suis plutôt bon dans cet exercice."
La journée a aussi été marquée par la tentative téméraire de Rémi Cavagna. Le Français est sorti tout seul de l'échappée à 117 km du but pour s'engager dans une aventure complètement folle et apporter un peu de baume au coeur à l'équipe Groupama-FDJ qui connaît un début de saison difficile avec la faillite de leaders comme David Gaudu et Valentin Madouas.
Spécialiste du chrono, le "TGV de Clermont-Ferrand" a pris jusqu'à deux minutes trente d'avance sur les 28 autres échappées avant d'être repris 60 kilomètres plus loin, juste avant le sprint intermédiaire.
Bien au chaud dans le peloton qui avait décidé de laisser filer, Jonas Vingegaard a lui conservé le maillot rose de leader avec une avance confortable de plus de quatre minutes sur l'Autrichien Felix Gall.
Pour le Danois, la journée a été paisible et, au final, l'événement du jour aura été le fait qu'il a rasé sa moustache naissante.
"Je me suis regardé dans le miroir hier et j'ai réalisé que je ressemblais à un ado", a-t-il expliqué alors que deux grosses étapes de montagne attendent encore les coureurs vendredi et samedi, à la veille de l'arrivée finale à Rome.
H.O.Scholz--BlnAP