Mondial-2026: entre la France et le Maroc, la bataille des milieux
La France et le Maroc, qui s'affrontent jeudi en quarts de finale du Mondial-2026 à Foxborough, près de Boston, vont devoir remporter la bataille du milieu de terrain pour passer en demi-finale. Dans des styles opposés.
Aux milieux bleus, Adrien Rabiot et Aurélien Tchouaméni, s'il est rétabli, ou Manu Koné en cas de forfait du Madrilène, un travail de l'ombre essentiel pour faire briller le quatuor offensif installé par Didier Deschamps, qui enchante la planète football depuis le début du tournoi.
Aux Lions de l'Atlas, plus de latitude sur le terrain qui permettent aux joueurs de leur entrejeu d'être les acteurs majeurs du système Mohamed Ouahbi, leur sélectionneur.
- Chez les Bleus, un milieu de devoir -
A deux jours des retrouvailles entre Français et Marocains, trois ans et demi après leur demi-finale au Mondial qatari, remportée par les Bleus 2-0, il y a comme un léger caillou dans la chaussure de Didier Deschamps.
Alors que ses joueurs, portés par une attaque flamboyante et étiquetés favoris de la compétition, s'apprêtent à disputer leur premier gros test sur la route d'une troisième étoile, le sélectionneur français ne sait pas s'il va pouvoir compter sur Aurélien Tchouaméni, blessé aux adducteurs et lancé depuis la veille du 8e face au Paraguay (victoire 1-0), dans une course contre la montre pour se soigner.
Le milieu du Real, vice-capitaine de l'équipe, est aussi le garant de l'équilibre ténu d'un système résolument offensif voulu par le staff tricolore. Il forme avec Adrien Rabiot un "double-pivot" très complémentaire: à Tchouaméni, une veille défensive pour ne pas subir lorsque l'équipe perd le ballon, à Rabiot une projection plus importante vers l'avant.
Mais Guy Stéphan, lundi, n'a guère été optimiste sur la participation de Tchouaméni pour le quart de finale jeudi. "On verra chaque jour comment sa blessure guérit ou pas. C'est vrai qu'on est un peu pris par le temps", a convenu l'adjoint de Deschamps.
Comme face au Paraguay, si l'ancien Monégasque devait renoncer, ce serait Manu Koné qui le suppléerait, dans un style un peu plus offensif, augmentant les risques de contres dont les Marocains sont friands.
Et alors que Deschamps peut faire évoluer son système de jeu vers des options plus défensives en cours de compétition lorsque l'adversité se corse, Stéphan a balayé cette éventualité cette fois, misant sur l'efficacité de son armada en attaque, protégée par les deux cerbères au milieu, tapis dans l'ombre.
- Au Maroc, des milieux partout -
Tout le contraire du Maroc. En constante progression depuis 4 ans où ils ont été la première nation du continent africain à atteindre une demi-finale d'un Mondial, les Lions de l'Atlas, champions d'Afrique sur tapis vert chez eux en 2025, s'appuient directement sur leurs milieux pour briller lors de la Coupe du monde nord-américaine.
Les observateurs du monde entier ont unanimement été subjugués par la prestation de Ayyoub Bouaddi, 18 ans, lors du premier match des Lions face au Brésil (1-1).
Le Franco-Marocain, capitaine des espoirs français, avant de céder aux sirènes du pays d’origine de ses parents, s'épanouit pleinement dans l'entre-jeu marocain où il est le pendant défensif du revenant Azzedine Ounahi, double buteur face au Canada en 8e.
Le milieu de Gérone, passé par Angers et Marseille, révélation du Mondial-2022, avant de se perdre dans différents clubs, retrouve des couleurs en sélection.
Dans le 4-3-3 de Mohamed Ouahbi, sans véritable attaquant de métier, les milieux (voire les latéraux, Achraf Hakimi en premier lieu) sont les principaux dangers offensifs et Brahim Diaz, 4 passes décisives déjà, le dépositaire du jeu.
Ce n'est pas un hasard si le meilleur buteur marocain du tournoi se nomme Ismael Saibari (trois buts), un milieu offensif de formation, placé "en faux numéro 9", par son sélectionneur.
Neil El Aynaoui, qui complète le trio, est la courroie de transmission de l'équipe, le Marocain qui effectue et réussit le plus de passes durant les rencontres. Le seul également capable de compenser le déficit physique des milieux marocains dans le défi athlétique que ne manqueront pas de leur imposer les colosses français.
Une opposition de style et de système, une bataille à remporter pour rafler la mise.
Q.Weiss--BlnAP