Mondial-2026: la France, force tranquille avant l'immense choc contre l'Espagne
Flamboyante en attaque, intraitable en défense et imperméable au moindre doute, l'équipe de France dégage une sérénité à toute épreuve et peut croire fermement en ses chances de titre avant l'immense choc contre l'Esapgne en demi-finales du Mondial-2026, mardi à Dallas.
Le 8e de finale crispant et haché contre le Paraguay (1-0) n'était donc qu'une parenthèse, heureusement vite refermée et oubliée. Les Bleus ont rapidement retrouvé jeudi ce jeu vers l'avant qui suscite l'admiration depuis trois semaines pour étouffer des Marocains résignés (2-0) et s'ouvrir les portes du dernier carré pour la troisième fois consécutive.
Au-delà de la performance, qui témoigne d'une permanence exceptionnelle au sommet du football international, il y a cette implacable solidité qui émane de la formation tricolore au sein de laquelle on peine à trouver la moindre faille.
Dans ces conditions, l'opposition au prochain tour face à la grande Espagne de Lamine Yamal, championne d'Europe, s'annonce titanesque, deux ans après la claque reçue à l'Euro-2024 au même stade de l'épreuve (2-1).
- redoutable machine -
L'indigence du secteur offensif (4 buts inscrits en six matches dont un sur penalty et deux contre son camp) avait à l'époque plombé les ambitions des hommes de Didier Deschamps. Cette année, la France fait peur et s'est jusqu'ici imposée comme une redoutable machine, difficile voire impossible à bouger.
L'ambitieux Maroc en a lourdement fait les frais en quart de finale, malgré sa volonté d'entrer sur la pelouse avec "le couteau entre les dents", selon l'expression employée avant la rencontre par son sélectionneur Mohamed Ouahbi.
Les attaquants restent sur leurs standards élevés du début du tournoi avec un Kylian Mbappé sur un nuage et auteur de son 8e but sur une frappe splendide et un Ousmane Dembélé en mode Ballon d'Or et qui a enfin trouvé sa vraie place et un rôle à sa mesure en sélection.
Un penalty raté aurait pu faire cogiter n'importe quel joueur. Mais Mbappé n'est pas comme les autres et la superstar, décidément inarrêtable, n'a pas perdu pied après avoir vu sa tentative stoppée par Yassine Bounou en première période. Le crack de Bondy a été encore une fois à la hauteur de son statut et de sa réputation en s'offrant une 20e réalisation en phase finale de Coupe du monde, à une petite unité du record du génie argentin Lionel Messi.
Derrière, solidement ancrée autour de l'impeccable charnière Dayot Upamecano-William Saliba, l'arrière-garde française ne laisse rien passer (2 buts encaissés en six matches) et le fameux déséquilibre, tant craint depuis l'instauration d'un schéma tactique offensif en 4-2-3-1 en mars 2025, ne s'est pour l'instant pas matérialisé.
"Le danger peut venir de partout et on défend de mieux en mieux. Quand les défenseurs voient les efforts que font les gars devant, cela donne une dynamique. On a cette capacité à aller chercher l'adversaire, l'asphyxier, cela permet à l'équipe de jouer plus haut", a constaté le sélectionneur Didier Deschamps, si "fier" d'amener les Bleus pour la troisième fois d'affilée aux portes d'une finale d'un Mondial.
- Peur et respect -
Un sentiment qu'a également ressenti Adrien Rabiot, plutôt surpris par l'aisance avec laquelle la France a réussi à dominer les Lions de l'Atlas, demi-finalistes en 2022 et qui venaient pourtant d'éjecter les Pays-Bas et le Canada, l'un des trois pays hôtes, après avoir fait jeu égal avec le Brésil au premier tour.
"On avait peu à craindre de cette équipe. C'est la sensation qu'on avait sur le terrain. C'est étonnant", a noté le milieu de terrain sur beIN Sports.
Armée dans tous les secteurs pour aller au bout et décrocher une troisième étoile après 1998 et 2018, l'équipe de France ne veut pourtant pas tomber dans la suffisance. Ses joueurs les plus expérimentés, Mbappé en tête, savent bien que le plus dur reste encore à venir.
"J'ai été champion du monde (en 2018, ndlr) et vice-champion du monde (en 2022, ndlr). Cette équipe n'a été ni championne du monde ni vice-championne du monde. C'est celle qui a le plus de potentiel, celle avec laquelle on peut se projeter plus facilement. Il y a beaucoup de qualité et elle permet de faire rêver mais les équipes fortes sont celles qui gagnent et pour l'instant, je ne vois pas de coupe dorée à côté de moi", a lâché le meilleur buteur de l'histoire des Bleus (64 en 104 sélections).
Deschamps ne veut pas non plus "se voir tout en haut".
"Il y a encore une étape pour la finale. Le seul rendez-vous qu'on a, c'est le 14 juillet (jour de la demi-finale, ndlr), une belle date pour la France", a glissé le technicien avec malice.
X.Konrad--BlnAP